Cicatrice

Célia

Célia

JE FATIGUE

Je fatigue

Regarde moi la pierre
Bière à même de parler !

J’ai fait an de misère
A peine inachevée

Je dors au grès du mur
Je fissure encore la nuit
Toutes
Toutes et les ravage
Comme un carré de plaine corsetée
Un carcan noué à mon dos de prières

Mon dos de promesses dénué
A pris cent ans chaque heure
A mis cent ans
La nuit
Toutes

Sur mes chairs délacées
Pour atteindre ma voix
Atteindre et tendre les cordes, les nœuds
Bifurquées chéloïdes :
Mes souvenirs de Terre
Je chuchote
Chuchotais
Aux poussières ensevelies
Des poussières éreintées sous les grès de mon lit

Je regardais l’éther, les promis, les sus et les sous-entendus

J’entendais clair, ma mère
J’entendais tes vains cris
Au soleil de mes mers
Au vague de mes nuits
Je te voyais
Ma mère
Pleurer, ma démunie
Je te savais, ces « tu » que tu disais, fanée
Ces fins que tu lançais venir
Je les ai tus la nuit

J’ai lu mes bruits aux crépuscules :
Ces fourmillements à mes oreilles
Des fragrancées de démons
Qui sur ma couche de muqueuses
Vibraient d’arôme assassiné

A mon sucré poignard d’aiguilles !

Je verse
Un nid
D’épines

Mon carcan ma Terre
De vagues mais osseuses

J’ai lu dans la poussière
Des lignes de demain
Et je t’ai pris
Démon
Sur le grès de mes chairs
Et tu as
Démonté
Les ports à ma mémoire
Pour te rester
Couché
Sur mes lassées idylles avec mon dos courbé.