MON ÂME
Mon âme séchée
Tu es
Ride de ma main
Ma ride m’est unique
Et j’aime son semeur
Egraineur, ce temps vivant, qui se décompose, sans moi et avec moi
J’ai
Cette odeur
Comme a laissé le temps :
Un ton, une nuance, l’âge
J’ai l’âge
Sur les papiers longtemps
Et baroudé
De cicatrice
En cicatrice
D’effort, j’ai veillé
Et je démaille encore, pour mieux monter, remonter, faire et défaire
Trembler pour eux, pleurs à leur place,
Prendre pour eux
Et garder et je garde
L’enchevêtrement
Les fils
Comme autant de torpeur, comme si moi n’était
Seulement pour qu’eux soi
Je sais la vieillesse qu’ils en font :
Des bris
Ce « un million d’années », comme pour couvrir ce qui m’est resté
Court encore sur leurs mains, sur leurs visages que j’ai semés
Mes enfants
Mes fils
Comme à l’automne maintenant
Me souviennent
Vos messagers plaintifs
Les hôtes passifs et les brutes clameurs
Les usés, mes écorces
De vos figures de mémoire vivante
D’amibes et d’étincelles
Je rugis par les pores
Mais « Silence ! »
C’est que je dore encore au soleil éveillée !
Faîtes silence à l’essor
Des âges sur ma peau !
Ecoutez !
Messages ou claire torpeur
Message qui n’a ma peau :
Je me souviens.